Jean YANNE
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« Je suis un humoriste-orchestre. » note Jean Yanne dans ce recueil avant de nous le prouver avec brio. Quel que soit l'instrument qu'il emploie, la pensée, la réplique, le texte, le pamphlet ou encore la parodie, Jean Yanne nous offre à chaque fois des mélodies exceptionnelles. Et les partitions auxquelles il s'attaque, que ce soit la société, la politique ou la religion, sont chaque fois interprétées avec un ton qui n'appartient qu'à lui. « J'ai la faculté d'assimiler la connerie ambiante comme les abeilles butinent les fleurs et prennent le pollen pour en faire leur miel. » C'est ce miel que nous vous proposons de goûter dans ce florilège de ses meilleurs moments, avec un avertissement toutefois pour les âmes sensibles, avertissement que Jean Yanne repousserait d'une main nonchalante puisque selon lui « l'humour n'est jamais mal placé. Où qu'il se place, ça reste de l'humour. » Ce qu'il nous prouve d'une façon magistrale.
L'auteur
Jean YANNE
Biographie de Jean Yanne (Par lui-même)
Jean Yanne naît à Paris en 1933. Il ne conserve aucun souvenir de son enfance, sauf quelques images confuses : — son papa rentrant à la maison et parlant de chômage après s’être fait rouler par le front populaire, — son papa partant pour la guerre, — sa maman l’emmenant écouter des grands types en soutane qui disent que le Bon Dieu est gentil et qu’il faut bien aimer le maréchal Pétain qui fait distribuer des pastilles vitaminées, — des Allemands en costume de cuir donnant des bonbons, — des nègres américains donnant du chewing-gum, — et un livre d’images qui lui montre un copain de patronage, et qui représente des gens en bas noirs et chaussettes, ce qui fera de lui, pour toujours un fétichiste halluciné.
De 1940 à 1951, Jean Yanne fait quelques études en pensant que le proviseur est une andouille et le surveillant général un crétin. Il n’a pas changé d’avis. En 1954, Jean Yanne se tape 32 mois de service militaire. Il y apprend à mentir, à se planquer, à voler, à resquiller et enrichit son vocabulaire de mots nouveaux tels que : “crouille, raton, bougnoule” que lui apprennent les sous-officiers instructeurs. Secrétaire d’état-major, il voit les généraux Challe, Zeller, Jouhaux et Salan, qui, plus tard, iront en prison, ce qui le fait bien rigoler. De 1957 à 1971, Jean Yanne fait n’importe quoi. Il écrit, publie, chante, joue des conneries, cause dans le poste, porte des fausses barbes et des moustaches postiches, se met du fond de teint sur le nez, et passe à la télévision aussi souvent que les ministres, en étant maquillé de la même façon qu’eux, et en n’étant pas plus sincère. En 1971, Jean Yanne rencontre Jean-Pierre Rassam. Ils s’avouent leur amour, et fondent Cinequanon, qui va en faire crever plus d’un. À partir de ce moment, Jean Yanne, adoré par les pouvoirs publics, adulé par les chefs de partis, congratulé par les banquiers, idolâtré par les puissants du monde, ne cessera de gravir les échelons qui mènent aux honneurs suprêmes.
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