Yakov BRAUN
> Les premires pages (chapitre1)
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Une ville, probablement Kiev ou Odessa, où la guerre civile bat son plein. À tour de rôle, elle est occupée par des Rouges, des Blancs, des bandes de tout poil. La population juive subit des pogromes. La mort plane dans l'air. Un vieux Juif, horloger et joueur d'échecs passionné, va tous les soirs dans un café où l'on joue aux échecs. Là, c'est le monde du Rabbi Pinkhos, maître sans pair qui n'a jamais perdu une seule partie en dix-huit ans.
Un soir, il quitte le domicile, malgré les supplications de sa femme et de sa fille qui craignent un nouveau pogrome...
Mystique et symbolique à la fois, cette nouvelle est pénétrée d'une rare violence artistique. Écrite dans un style flamboyant, elle appartient manifestement à la mouvance européenne de l'expressionnisme. Par son rythme saccadé, ses multiples allitérations, ses épithètes imagées, son vocabulaire riche et varié parsemé de mots yiddish et de termes du jeu d'échecs, cette petite nouvelle est un véritable joyau littéraire. Réflexion philosophique, fantaisie, fascination pour la révolution, passion pour les échecs (Yakov Braun était un passionné), Le Gambit du diable comblera de bonheur tout véritable amateur de littérature. Quant aux Vieux, il s'agit d'un texte bouleversant qui combine des éléments de folklore juif avec un drame de portée universelle.
L'auteur
Yakov BRAUN
L’œuvre de Yakov Braun [1889-1937] constitue une découverte majeure. Cet écrivain et critique littéraire russe d’origine juive, fusillé durant les purges, a été persécuté dès le milieu des années 1920. Seules, deux de ses nouvelles sont parues de son vivant. Ses autres œuvres, jamais publiées, ont été confisquées lors de son ultime arrestation.
Selon toute probabilité, la plupart sont perdues à jamais. Mais quelques trésors ont survécu. Sur de minces feuillets tapés à la machine, recouverts des ratures et annotations manuscrites de l’auteur, ils attendaient leur heure dans les profondeurs des archives ex-soviétiques.
Signe de l’infinie malice du destin, c’est aujourd’hui en français, dans une traduction de Galia Ackerman, que l’œuvre de Braun revient à la vie.
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