Émilie BARRUCAND
> Les premires pages (Chaitre1)
|
Émilie Barrucand séjourne fréquemment au Brésil, chez les Indiens Mebêngôkre (Kayapo), Pareci, Irantxe, Bororo, Juruna, elle est l'amie de nombreux grands leaders politiques autochtones. Ils lui ont confié leurs problèmes, leurs besoins, leurs espoirs et lui ont demandé de les soutenir. De là est née l'idée d'organiser des rencontres interethniques qui se dérouleront dans les villages indigènes de l'état du Mato Grosso, afin que ces derniers puissent s'entraider et lutter ensemble contre les menaces qui pèsent sur eux. Le projet s'intitule « Solidarité interethnique ». Émilie Barrucand a parallèlement créé l'association Wayanga.
Au coeur de la forêt tropicale, elle va rejoindre les Indiens Mebêngôkre Metyktire, l'un des peuples indigènes les plus guerriers d'Amazonie, pour mettre en oeuvre le projet. Quelques années auparavant, elle rencontrait l'un d'eux. Un grand chef. Il l'invitait dans son village. Elle devenait sa fille adoptive.
Elle a dû s'adapter aux coutumes et au rythme de vie de la communauté, prouver qu'elle n'avait pas de mauvaises intentions et apprendre la langue avant que ses membres ne l'acceptent et qu'une complicité naisse entre eux. Depuis, elle s'est engagée aux côtés des peuples indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs terres, de leurs droits et de leur culture.
Du fait de son engagement politique, bien qu'elle soit une femme, les hommes acceptent sa participation aux grandes discussions qui se déroulent au centre du campement, sur la « place des Hommes ». C'est en ce lieu qu'ils mettent en place le projet de rencontres interethniques et choisissent la personne qui en sera responsable au sein de la communauté.
Utilisant habilement ses connaissances anthropologiques et politiques qui, mêlées à ses propres émotions, nous entraînent de la souffrance à la joie, de la peur à l'espoir, du jeu à la guerre, Émilie Barrucand dresse un portrait bouleversant de la situation des Indiens du Brésil.
L'auteur
Émilie BARRUCAND
Émilie Barrucand a suivi ses études d’anthropologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, à Paris, sous la direction de l’éminent Philippe Descola, directeur du Laboratoire d’Anthropologie Social. Touchée par les souffrances que subissent les populations autochtones du Brésil, elle a créé Wayanga en 2002 et à leur demande. Elle travaille depuis plus de six ans auprès de différentes communautés et associations autochtones d’Amazonie légale brésilienne. En tant que conseil anthropologique, elle les aide à rédiger et à mettre en place les projets qu’ils souhaitent réaliser. Pour cela, elle passe quatre à six mois par an auprès d'Indiens de différents peuples.
En Europe, elle s’entretient régulièrement sur les problèmes auxquels font face les populations autochtones, avec les politiques (Ministère des Affaires Etrangères, OIT, Haut Commissariat aux Droits de l’Homme de l’ONU…) et avec des ONG d’action mondiale telles qu’Amnesty International et Greenpeace. Sa démarche pour la défense des droits de l’homme et la protection de l’environnement a été honorée à trois reprises. Emilie Barrucand remporte en 2001 le Prix Défi Jeune du Ministère de la Jeunesse et des Sports, les Bourses de l’Aventure de la Mairie de Paris et les Bourses Créavenir.
Partager
|