| Martin MONESTIER |
| Cannibales, histoire et bizarreries de l'anthropophagie |
| Collection Documents |
| 23 mars 2000 |
| ISBN : 978-2-86274-737-8 |
| 25 € ttc |
Cannibalisme, anthropophagie, omophagie, autant de synonymes pour désigner l'habitude de manger sans répugnance de la chair humaine.
Cette pratique aux motifs nombreux remonte à la nuit des temps et se retrouve à un moment ou à un autre dans toutes les parties du monde sans exception, y compris l'Europe de l'Ouest. Ce qui fit écrire à Voltaire: “Comment des hommes séparés les uns des autres par de si grandes distances ont-ils pu se réunir dans une si horrible coutume? Faut-il alors croire qu'elle n'est pas absolument aussi opposée à la nature humaine qu'elle le paraît?” Les dieux de nombreuses mythologies n'ont-ils pas de surcroît montré l'exemple en se dévorant entre eux ou en mangeant leurs propres enfants?
L'époque contemporaine semble offrir une résurgence notoire de cette pratique ancestrale. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, partout dans le monde, on signale des cas individuels ou collectifs de cannibalisme. Les raisons sont sensiblement les mêmes que par le passé: cruauté, sauvagerie, plaisir, gourmandise, médecine, vengeance, religiosité, démence, amours déviants, superstitions, nécessité vitale, etc.
Quelles que soient les motivations qui ont poussé et continuent à pousser les hommes au cannibalisme, force est de constater que chaque peuple qui s'est livré à cette pratique a eu ses “recettes gastronomiques” destinées à mettre en exergue les goûts et les saveurs particulières de la viande humaine. Sexe, âge, parties corporelles destinées à la consommation sont pris en considération. Crue, saignante ou bien cuite, rôtie ou bouillie, grasse ou maigre, la chair humaine est préparée avec soin, car les cannibales se sont toujours attachés non seulement à la préparation et à l'assaisonnement mais également au service et à la présentation de leurs victuailles humaines. Là se tient peut-être la vraie différence et la supériorité de l'homme cannibale sur la bête carnivore.
Personnage hors norme, il était logique que les ouvrages de Martin Monestier le soient aussi. Ecrivain-journaliste, photographe, grand voyageur, bourlingueur des mots et des idées, rien ne l'arrête dans sa quête de l'originalité. Les mouches, sous sa plume, deviennent le plus terrible prédateur de l'humanité, les excréments révèlent une histoire de l'homme comme on ne l'avait jamais lue, et il fait de l'anthropophagie son miel pour ne pas dire son plat de résistance. Cet extravagant pousse l'érudition des incongruités à son comble et, grâce à lui, les tabous n'ont (presque) plus de secrets. Tour à tour provoquant, dérangeant, entomologiste de nos travers et de nos perversités, Martin Monestier est un écrivain de l'extrême qui s'est fait une spécialité du témoignage par KO.