| Abbé Pierre |
| Je voulais être marin, missionnaire ou brigand |
| Carnets intimes et pensées choisies |
| Collection Documents |
| 04 septembre 2002 |
| ISBN : 978-2-7491-0015-9 |
| 15 € ttc |
Textes rassemblés et présentés par Denis Lefèvre
Figure mythique de ces dernières décennies, l'abbé Pierre reste parmi les personnalités les plus populaires en France. Cet homme de 90 ans – il est né en 1912 – a traversé le XXe siècle et en a vécu tous les soubresauts. Comment le jeune Henry Grouès deviendra-t-il le très médiatique abbé Pierre ? Ces carnets intimes nous l'apprennent par petites touches, mais avec d'autant plus d'éloquence qu'il a confié à son journal dès l'adolescence, les réflexions, les opinions et, bien sûr, les tourments qui allaient le conduire à devenir un homme de Dieu. Mais « homme de Dieu », il ne le sera pas de manière classique. Après être entré dans la Résistance en 1942, il continuera, toute sa vie, de lutter contre l'ordre établi et de se battre contre les inégalités de toutes sortes, la misère en particulier, celle qui dégrade l'homme. Son combat, dès 1949, date à laquelle il fonde les premières communautés d'Emmaüs, aura pour cible la pauvreté, la marginalité, et il prendra le parti de tous ceux que l'on ne désignait pas encore sous le sigle de SDF. À ce titre, il est un précurseur et un visionnaire auquel la suite des événements aura, hélas, donné raison.
Beaucoup de Français se reconnaissent en cet abbé « trouble-fête », cet « empêcheur de gouverner en rond », cet homme proche des humbles, qui a son caractère, ses coups de gueule, ses impatiences et parfois son côté cabotin. Mais c'est toujours pour la bonne cause, et cela, chacun le reconnaît.
Ce livre suit le parcours très attachant d'un homme qui a mis sa vie au service des autres hommes, surtout de ceux que Dieu semble avoir oubliés.
Cinquième d'une famille de huit enfants, Henri Grouès [1912-2007] a quinze ans lorsqu'il entre, en 1930, au couvent des capucins sous le nom de frère Philippe. Ordonné prêtre en 1938, il est vicaire à la cathédrale de Grenoble.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à des maquis en Chartreuse et dans le Vercors, et aide des fugitifs à passer en Suisse. De là vient son nom de résistant, Pierre, qui lui restera.
Nommé aumônier à Paris à la Libération, il est député MRP de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951. Il fonde en 1949 l'association Emmaüs, consacrée à la construction d'abris provisoires pour les sans-logis et financée par la revente d'objets de récupération.
Le mouvement Emmaüs regroupe aujourd'hui 4.000 personnes et 84 communautés, réparties dans 30 pays. Commandeur de la Légion d'honneur, l'abbé Pierre a été, tout au long de sa vie, l'une des personnalités préférées des Français.