| Martin MONESTIER |
| Le crachat |
| Beautés, techniques et bizarreries des mollards, glaviots et autres gluaux |
| Collection Documents |
| 10 mars 2005 |
| ISBN : 978-2-7491-0364-8 |
| 15 € ttc |
Le crachat fait un retour irrésistible dans le monde occidental. Près de 60 % des jeunes générations crachent. Population à laquelle il convient d'ajouter les phtisiques, les emphysémateux, les tuberculeux, les fumeurs, les sportifs et beaucoup d'autres déficients de la tuyauterie respiratoire.
Il n'existait à ce jour aucun texte sociologique, ethnographique ou d'une autre science sociale propre à disséquer ce comportement individuel aux racines culturelles profondes et qui matérialise toute la gamme des passions humaines, l'angoisse, la rébellion, l'agressivité, mais aussi l'imaginaire érotique, la satisfaction, la préparation à l'effort, une preuve de sincérité, etc.
Qu'est-ce que cracher, sinon l'art de lancer des projectiles ? On en référence de nombreux types qui se différencient par leur formation, leur consistance, leur couleur, leur volume, leur poids, leur forme, leur vitesse d'expulsion, leur écrasement, etc.
Les cracheurs eux-mêmes entrent dans des catégories très distinctes : les « négligents », les « obsessionnels », les « convaincus », les « automatiques », les « saisonniers », etc. Certains analystes donnent le crachat comme la conséquence d'une éducation douteuse. D'autres comme une réaction aux progrès techniques.
Pour la première fois, une étude dégagée de tout a priori religieux ou philosophique répond à l'ensemble des questions afférentes à cette phénoménologie récurrente. Pourquoi, par exemple, un footballeur glaviotte-t-il quatre fois moins qu'un ouvrier du bâtiment et onze fois plus qu'un notaire ?
Personnage hors norme, il était logique que les ouvrages de Martin Monestier le soient aussi. Ecrivain-journaliste, photographe, grand voyageur, bourlingueur des mots et des idées, rien ne l'arrête dans sa quête de l'originalité. Les mouches, sous sa plume, deviennent le plus terrible prédateur de l'humanité, les excréments révèlent une histoire de l'homme comme on ne l'avait jamais lue, et il fait de l'anthropophagie son miel pour ne pas dire son plat de résistance. Cet extravagant pousse l'érudition des incongruités à son comble et, grâce à lui, les tabous n'ont (presque) plus de secrets. Tour à tour provoquant, dérangeant, entomologiste de nos travers et de nos perversités, Martin Monestier est un écrivain de l'extrême qui s'est fait une spécialité du témoignage par KO.