Martin MONESTIER
Les poils, histoires et bizarreries
Cheveux, toisons, coiffeurs, moustaches, barbes, chauves, rasés, albinos, hirsutes, velus et autres poilants trichosés.
Collection Documents
04 septembre 2002
ISBN : 978-2-7491-0039-5
30 € ttc
 

Les poils se développent chez l'homme différemment selon les parties du corps. Depuis les origines du monde, ils interfèrent sans discontinuer dans tous les rapports humains, amoureux, sexuels, superstitieux, médicaux, pénaux, commerciaux et religieux. Dans la majorité des pays occidentaux, il existe plus de coiffeurs que de boulangeries, et plus de centres de traitement du poil que de cordonneries.

À l'heure actuelle, plus de 35 millions de personnes – dont 12 millions de coiffeurs – vivent et oeuvrent pour et à travers le poil. Tantôt courts, fins, lisses et droits, tantôt longs, épais, bouclés, la production de poils, leur emplacement, leur appellation, leur utilité, leur symbolisme, diffèrent selon les ethnies et les sexes. Signes de virilité, de sagesse, de raffinement ici, ils sont ailleurs stigmates de soumission, de traîtrise, de démonialité.

Reines du XIXe siècle, des milliers de femmes à barbe contemporaines subissent l'ostracisme du monde du travail et se tournent de plus en plus vers les tribunaux. Alors que les chauves se remémorent tristement la fuite de leurs poils capillaires, d'autres se font « raser » pour souscrire au diktat de la mode, ou encore pour « couper l'herbe sous le pied des poux, des morpions et des champignons ».

Les collectionneurs de poils plongent quelquefois dans la délinquance pour obtenir une « pièce rare ». Les fétichistes poussent les femmes à se raser le pubis, tandis que d'autres achètent des perruques et des moumoutes pour aisselles et pubis.

Le poil a été à l'origine de plusieurs guerres et de maintes rebellions. Indics de toutes les polices, ils se « mettent régulièrement à table » pour désigner les criminels, les violeurs, et les champions sportifs « truqueurs ». Imputrescibles, les « poils du passé » aident à la résolution d'énigmes historiques.

Objet d'un trafic, au même titre que les cigarettes ou les objets d'art, les poils ont chaque année leur heure de gloire avec le « championnat international des barbus et chevelus » où s'affrontent les plus belles pilosités de la planète.




L'auteur

Martin MONESTIER

Personnage hors norme, il était logique que les ouvrages de Martin Monestier le soient aussi. Ecrivain-journaliste, photographe, grand voyageur, bourlingueur des mots et des idées, rien ne l'arrête dans sa quête de l'originalité. Les mouches, sous sa plume, deviennent le plus terrible prédateur de l'humanité, les excréments révèlent une histoire de l'homme comme on ne l'avait jamais lue, et il fait de l'anthropophagie son miel pour ne pas dire son plat de résistance. Cet extravagant pousse l'érudition des incongruités à son comble et, grâce à lui, les tabous n'ont (presque) plus de secrets. Tour à tour provoquant, dérangeant, entomologiste de nos travers et de nos perversités, Martin Monestier est un écrivain de l'extrême qui s'est fait une spécialité du témoignage par KO.


 




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