On but et on dansa. Philippe Héraclès et Jean Orizet, qui président aux destinées de la maison, avaient fait fabriquer des masques à leur effigie. Ceux qui se risquèrent à s'en couvrir le visage prouvaient très provisoirement que la littérature n'est pas qu'une question d'ego. Un régiment de pique-assiettes annonçaient des livres qu'ils n'écriraient pas. La transsexuelle Caphi, rasée de près, escarpins et et collants fins, faisait fuir une dame effarée : "Je crois qu'il y a des contacts impossibles." Guy Montagné côtoyait André Santini, mais nous ne les vîmes pas s'échanger des blagues. Jean-Christophe Bouvet, le seul acteur qui a vraiment l'air d'un militaire - il incarne le général, père de Marion Cotillard, dans "Taxi" -, précisait qu'il jouait un proviseur dans "Cinéman", le prochain film de Yann Moix. Même coupe en brosse, le député Jean Lassalle, qui fit une grève de la faim, était redevenu une armoire à glace. Remonté comme un coucou - son état naturel -, Daniel Prévost annonçait sa présence au festival d'Avignon dans un spectacle consacré au poète Garcia Lorca. Jean-Joseph Julaud, archimillionnaire pour ses "Histoires", "Géographie" et "Littérature pour les nuls", était heureux de publier en septembre, au cherche midi, un roman historique intitulé "Camaron". Mais la palme de l'actu revenait à l'encyclopédiste du rock François Jouffa, reconverti, avec Alain Briaux, ex-batteur de Vince Taylor, dans "Les Meilleures Blagues ch'tis", à paraître dans quelques jours. Ce qui s'appelle ne pas perdre le nord.
L'auteur
Boris SCHREIBERNé en 1923, à Berlin, de parents juifs russes exilés après la Révolution de 1917. Le père est agent commercial auprès de l'ambassade soviétique, et sera remercié après le durcissement du régime stalinien à la fin des années vingt.
Enfance précaire en Belgique puis en France où la famille finira par s'installer.
Si le père demeure attaché à l'ordre prussien et la mère à la mélancolie slave, Boris, lui, élit domicile dans la langue française, tout en demeurant un exilé perpétuel.
Boris Schreiber a vécu au gré des fortunes et des infortunes de son homme d'affaires de père. Il a vaguement été professeur de français, mais l''écriture aura été sa seule véritable activité.